© Ludovic MARIN / AFP

Féminicides : les colleuses d'affiches appelées pour faire la communication de Matignon

Condamnées il y a quelques semaines pour avoir collé sur Matignon, elles dénoncent l'hypocrisie du gouvernement.

Ce lundi 25 novembre, Édouard Philippe a révélé le grand plan du gouvernement pour lutter contre les violences faites aux femmes. Depuis le début de l’année, 138 femmes sont mortes, assassinées par leur conjoint, mari ou ex.

Cet oral est venu clôturer le Grenelle consacré aux violences conjugales, lancé le 3 septembre dernier. Dans la foulée, les membres du collectif Collages Féminicides Paris ont poussé un coup de gueule sur Twitter.

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Elles affirment avoir été contactées par l’entourage du Premier ministre pour venir coller des affiches sur Matignon. Seul hic, elles ont été condamnées il y a quelques semaines justement pour avoir affiché sur les murs de Matignon, affirment-elles sur Twitter.

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"C’était en septembre, on n’avait pas prévu de coller sur Matignon directement parce que la rue est complètement bloquée par les policiers. En fait, on s’est fait arrêter vraiment très vite avec six autres colleuses", nous raconte une colleuse qui faisait partie de cette mission.

Le 21 novembre dernier, Collages Féminicides Paris reçoit un message du service communication du Premier ministre qui semble intéressé par leurs campagnes. Au départ, les filles du collectif sont plutôt emballées à l’idée de venir coller sur les murs de Matignon, précisément à l’endroit où elles ont été interpellées quelques semaines plus tôt.

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"On n’allait pas leur faire un joli collage pour les féliciter"

"C’était hyper symbolique qu’en septembre on se prenne une amende, et que trois mois après on soit invitées à coller et à discuter avec le Premier ministre pour la clôture du Grenelle", se souvient la jeune femme de 22 ans, qui souhaite garder l’anonymat.

"Le service de communication du Premier ministre voulait afficher nos messages sur un de ses murs afin qu’ils servent de décor à l’annonce des propositions du Grenelle", détaille le communiqué de presse publié sur Twitter par le collectif.

Mais face aux exigences du service communication de Matignon, les filles finissent par décliner : "On n’allait pas leur faire un joli collage pour les féliciter", commente la jeune femme.

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"Nous n’avons pas vocation à décorer la ville mais bien à dénoncer l’inaction de l’État en rappelant les noms de celles qu’elles ont laissées mourir", peut-on lire dans ce communiqué de presse.

D’autant que, comme d’autres organisations féministes, Collages Féminicides Paris se dit très déçu par les résultats du Grenelle.

"De toute façon, on ne s’arrêtera pas tant que le gouvernement n’aura pas pris des mesures efficaces. Et on ne s’arrêtera pas tant qu’on continuera à compter nos mortes", abonde la jeune femme, membre du collectif parisien qui compte quelque 500 membres.

En septembre dernier, Konbini news avait rencontré l’instigatrice du mouvement, Marguerite Stern, qui nous avait expliqué le but du projet : "On veut que l’État agisse. Et le moyen d’action, c’est d’inonder les rues de Paris et de toute la France de nos messages pour pouvoir sauver nos sœurs."

Par Clothilde Bru, publié le 25/11/2019

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