© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Édouard Philippe confirme la suppression des régimes spéciaux

"Le système actuel ne peut pas perdurer", a assuré le Premier ministre.

Au deuxième jour de la grève nationale organisée pour protester contre la réforme du système des retraites, Édouard Philippe a pris la parole en milieu d’après-midi ce vendredi "pour faire un point sur la mobilisation sociale".

Depuis l’hôtel Matignon, le chef du gouvernement a d’abord reconnu une grève "aujourd’hui encore, importante", ajoutant : "Moins puissante à l’Éducation nationale, mais qui reste forte dans les entreprises de transport public." Puis le Premier ministre de poursuivre :

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"Comme tous les Français, je sais que lorsque des grèves se déroulent dans ces entreprises de transport, la vie de nos concitoyens s’en trouve affectée. […] J’entends bien entendu tous ceux qui exercent leur droit légitime à manifester."

Il a assuré aux Français qui seraient pénalisés par cette grève que le gouvernement était "conscient des difficultés qu’ils rencontrent". Et a expliqué qu’il ferait en sorte que soient développés le covoiturage, le télétravail, la mise en place de lignes de bus ainsi que "la meilleure information possible" via les sites gouvernementaux.

"Le système actuel ne peut pas perdurer"

"Ma logique n’est pas et ne sera jamais celle de la confrontation", a-t-il assuré, avant de poursuivre : "La mise en place d’un système universel de retraite […] mérite un débat de fond, un débat éclairé, un débat auquel, je le sais, nos concitoyens sont prêts." Le système actuel "ne peut pas perdurer". Et le Premier ministre d’ajouter : "Au fur et à mesure, nous allons devoir travailler un peu plus longtemps."

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Puis il a défendu le projet du gouvernement :

"Nous avons la conviction que ce système universel de retraite permettra à chaque Français de cotiser de la même façon. […] C’est un système juste qui remplace la solidarité entre corps de métier par une solidarité nationale."

Avant de couper court à la possibilité pour les régimes spéciaux de subsister : "Ça implique la disparition des régimes spéciaux", confirmant la position du gouvernement malgré les fortes mobilisations. Le chef du gouvernement a promis de ne pas "changer les règles en cours de partie" : "C’est la raison pour laquelle j’ai indiqué ma disposition totale pour faire en sorte que les transitions soient progressives afin de ne pas être brutales", ajoutant : "C’est une affaire de justice individuelle et une affaire de justice sociale."

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L’intégralité du projet dévoilée mercredi

Et le Premier ministre, qui doit rencontrer après sa prise de parole le président de la SNCF Guillaume Pepy et la présidente de la RATP Catherine Guillouard, s’est ensuite adressé aux personnels de l’Éducation nationale : "Je comprends parfaitement les inquiétudes qu’ils formulent", a-t-il déclaré, avant de poursuivre :

"Le système universel, ce n’est pas la baisse des pensions des enseignants, au contraire, c’est la revalorisation progressive de leur traitement de façon à ce que leur pouvoir d’achat ne baisse pas au moment des retraites."

Concernant la "verticalité avec laquelle le gouvernement aurait pris des décisions", régulièrement critiquée, il la réfute. "Nous avons fait le choix du dialogue social", a-t-il assuré, évoquant la consultation citoyenne sur les retraites.

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Enfin, le chef du gouvernement a annoncé qu’il présenterait mercredi prochain, le 11 décembre à midi, "l’intégralité du projet du gouvernement". De leur côté, les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de manifestation mardi 10 décembre.

Par Astrid Van Laer, publié le 06/12/2019

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