© Twitter / Edouard Philippe

Déplacements interrégionaux, tests, "cas contact"... les détails du plan de déconfinement

"Le pays est divisé en deux".

C’est officiel : la levée du confinement commencera ce lundi 11 mai. Le doute planait encore il y a quelques jours dans la bouche du ministre de la Santé, Olivier Véran. Ce jeudi 7 mai, 4 jours avant l’échéance, Édouard Philippe et plusieurs membres du gouvernement ont pris la parole pour présenter dans le détail la stratégie du gouvernement pour sortir du confinement qui dure depuis 8 semaines.

Comme l’a rappelé le Premier ministre en préambule, c’est Jean Castex, "haut fonctionnaire et maire", qui a été chargé d’élaborer ce plan, présenté dès le 28 avril devant l’Assemblée nationale.

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"Il y a aujourd’hui une bonne nouvelle et une moins bonne nouvelle", a déclaré Édouard Philippe en préambule. "Le pays est divisé en deux", a-t-il révélé. Dans la majeure partie de l’Hexagone, tous les indicateurs sont au vert. Comprenez que le virus circule peu, que les hôpitaux ne sont pas saturés et qu’ils seront en mesure de faire les tests nécessaires.

Si ces départements sont toujours en vert dans 3 semaines, cela signifie qu’on pourra y envisager une réouverture des cafés, des restaurants ou encore des lycées, a précisé le chef du gouvernement. 

S’agissant des territoires en rouge, il y a deux situations particulières. À Mayotte, le nombre de cas est faible, mais il augmente. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de retarder le déconfinement de Mayotte. Puis il y a l’Ile-de-France où le nombre de cas baisse mais "reste plus élevé que ce que nous espérions", a déploré le Premier ministre. 

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Pour autant, le gouvernement fait le choix de déconfiner quand même avec une vigilance particulière. 

"Il n’y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai, même en Île-de-France", a assuré le Premier ministre, en faisant comme souvent depuis le début de cette crise appel à la "responsabilité individuelle" de chacun. 

Puis le ministre de la Santé Olivier Véran a présenté une nouvelle carte, entièrement verte celle-ci, censée évaluer les capacités de tests des départements. "La capacité de dépistage est au niveau des besoins estimés", a assuré le ministre. Quant à celles et ceux qui n’arrivent pas à se faire dépister depuis plusieurs jours, il les a invités à se tourner vers ce numéro vert 0800 130 000. 

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Masques obligatoires dans les transports

On en sait un peu plus sur les "cas contact", ces personnes qui auraient été en contact avec un malade. Si le risque est avéré, elles seront placées en isolement pendant 7 jours, au terme desquels elles pourront effectuer un test PCR. "Parce que c’est le meilleur moment pour tester", assure le ministre de la Santé. 

Tous les soignants pourront reprendre leurs consultations dès lundi en toute sécurité. Ce dernier a assuré qu’ils seraient tous équipés en masques. 

S’agissant des Ehpad, les visites auront lieu dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Comme pour les soignants, les personnels percevront une prime. Elle sera de 1 500 euros dans les 33 départements où l’épidémie aura été la plus forte, 1 000 euros ailleurs.

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Selon Jean-Michel Blanquer, 80 à 85 % des écoles ont déclaré ouvrir la semaine prochaine. 1 million d’élèves et 130 000 professeurs sont attendus dans les salles de classe. Les collèges pourront réouvrir dès le 18 mai dans les départements verts.

S’agissant des transports, la circulation des métros, bus, RER va augmenter dès le 11 mai pour revenir à 50 % du trafic habituel minimum, avant un retour à la normale début juin. Le port du masque y sera obligatoire sous peine d’une amende de 135 euros.

L’Ile-de-France est à nouveau un cas particulier. 75 % du réseau devrait circuler dès lundi. Toutefois, les transports seront réservés aux "personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer" (santé, convocation de justice, accompagnement des enfants), a précisé Élisabeth Born, la ministre de la Transition écologique, qui a la tutelle des Transports.

Dès lundi, 20 à 30 % des trains devraient circuler. Leur occupation ne devra pas excéder les 50 %. 

Une nouvelle attestation

S’agissant des déplacements interrégionaux, il ne sera pas possible de voyager à plus de 100 km, sauf pour des raisons professionnelles ou un motif familial impérieux, a précisé le ministre de l’Intérieur. Dans le premier cas, une nouvelle attestation sera disponible. 

Pour le reste il sera possible de circuler librement sans attestation à partir de lundi. Toutefois, un justificatif de domicile pourra vous être demandé. À noter qu’il est possible de parcourir plus de 100 km sans dérogation lorsqu’on reste dans le même département. 

Les bibliothèques, les médiathèques et les musées pourront réouvrir à condition qu’ils n’entraînent pas de grand rassemblement de populations. Les cinémas, les salles de spectacles et les lieux de sports clos restent fermés.

De manière générale, il sera interdit de se réunir à plus de 10 personnes. Ce seuil sera réexaminé le 2 juin. Aucun évènement de plus 5 000 personnes ne pourra se tenir d’ici le mois de septembre. Quant aux plages, aux lacs et aux centres nautiques, ils pourront réouvrir sur autorisation du préfet à la demande des maires sur présentation d’un plan spécial.

Les frontières restent fermées jusqu’à nouvel ordre dans l’espace Schengen. S’agissant de nos voisins, les règles actuelles sont prolongées jusqu’au 15 juin "au moins", a précisé le ministre. 

Dès lundi "400 000 entreprises vont rouvrir" s’est félicité le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Tous les commerces pourront lever leur rideau, sauf les lieux de convivialité, notamment les bars et les restaurants. Les centres commerciaux aussi pourront rouvrir, sauf en Île-de-France

Des guides vont être publiés sur le site du ministère du travail afin que chaque commerce non alimentaire puisse s’organiser, a précisé Muriel Pénicaud. Évidemment, le télétravail doit être privilégié tant que c’est possible. 

"Le plan continuera à être adapté au fil des semaines qui viennent", a précisé le Premier ministre. Si les indicateurs restent bas, nous pourrons rentrer dans une nouvelle phase avec plus de mobilité. Si ce n’est pas le cas, le gouvernement n’exclut bien évidemment pas de reconfiner, a-t-il conclu. 

Par Clothilde Bru, publié le 07/05/2020