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Damien Abad accusé de viol, Élisabeth Borne dit ne pas avoir été mise au courant

Publié le

par Emma Couffin

L’ex-président du groupe LR a été nommé vendredi ministre des Solidarités.

Damien Abad accusé de viol, Élisabeth Borne dit ne pas avoir été mise au courant

Damien Abad © Ludovic MARIN / AFP

Le premier conseil des ministres se tient ce lundi dans un contexte tendu. En effet, à peine quelques jours après la nomination des ministres, le nouveau gouvernement Borne semble déjà terni par les accusations de viol visant Damien Abad. L’ex-président du groupe LR à l’Assemblée nationale a été nommé vendredi ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Damien Abad fait face à de graves accusations de viols sur deux femmes en 2010 et en 2011 dans un article publié samedi par Mediapart. Le parquet de Paris a déjà classé sans suite deux plaintes en 2012 et en 2017 de l’une des plaignantes pour "infraction insuffisamment caractérisée", nous révèle le journal. La justice analyse actuellement un nouveau signalement de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique déposé le 13 mai. La plaignante accuse Damien Abad de l’avoir violée et dit avoir eu le sentiment d’avoir été droguée.

Dans une réponse écrite adressée à Mediapart samedi, le ministre nie et conteste avec force ces accusations, qu’il juge "inconcevables et abjectes". Il avoue avoir pu "envoyer des messages, parfois intimes, parfois tardifs", mais affirme "que les relations sexuelles qu’il a pu avoir ont toujours reposé sur le principe du consentement mutuel".

La Première ministre n’était "pas au courant"

Après les critiques visant l’investiture du LREM Jérôme Peyrat, condamné en 2020 pour des violences envers une ex-compagne, et qui s’est finalement résolu à retirer sa candidature, l’exécutif et la majorité doivent affronter une nouvelle tempête sur le dossier des violences faites aux femmes.

"Pas au courant" de ces affaires avant leur révélation par Mediapart, Élisabeth Borne a promis de tirer "toutes les conséquences" en cas de "nouveaux éléments" et de saisine de la justice.

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De même, Christophe Castaner dit de pas avoir reçu le signalement, pourtant envoyé par mail par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles. Stanislas Guerini a, pour sa part, fait savoir à Mediapart qu’il n’avait découvert le mail que samedi, au lendemain de l’investiture de Damien Abad.

Par ailleurs, les mandats de Gérald Darmanin en tant que ministre de l’Intérieur et d’Éric Dupont-Moretti en tant que ministre de la Justice sont reconduits malgré les accusations de violences sexistes et sexuelles les visant.

Une classe politique divisée

Le secrétaire national du PS Olivier Faure a invité lundi la Première ministre à se séparer de Damien Abad car "la parole des femmes doit être respectée", a-t-il déclaré sur France Inter

"Élisabeth Borne devrait lui dire qu’il n’a pas sa place", a tancé l’écologiste Sandrine Rousseau, candidate de la Nouvelle Union populaire écologiste et sociale (Nupes) aux législatives. "La question n’est pas sa démission à lui, mais le fait qu’il soit démis de ses fonctions par principe de précaution", ajoute la finaliste de la primaire EELV.

"Il y a des gens qui accusent, ça ne veut pas dire qu’ils ou elles ont raison", a au contraire fait valoir Éric Zemmour. L’ex-candidat d’extrême droite à la présidentielle s’est positionné contre le principe de précaution mais favorable au "respect de la présomption d’innocence".

Cette affaire fait écho au cas de Taha Bouhafs, qui a retiré sa candidature pour LFI aux législatives avant que ne soit révélée l’existence d’une enquête interne après des accusations de violences sexuelles.

Plusieurs figures de la Nupes font valoir qu’elle a rapidement débranché ce candidat après avoir eu connaissance des accusations quand LR, LREM et l’exécutif ont ignoré les signalements de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique fondée par des féministes dont certaines militent par ailleurs à la Nupes.

À trois semaines du premier tour des Législatives, l’Élysée a d’ailleurs mis la pression sur les quatorze ministres-candidats. Conformément à une règle non écrite datant de 2007, et déjà édictée en 2017 par Emmanuel Macron, ils devront démissionner en cas de défaite à ce prochain scrutin.

Konbini news avec AFP

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