© Sarah Silbiger/Getty Images

Coronavirus : les avortements sont considérés comme des procédures non urgentes au Texas

Le Texas mais aussi l'Ohio profitent de la pandémie de coronavirus pour continuer à mener bataille contre l'avortement.

Après l’Asie, c’est en Occident que la vague de coronavirus déferle. Alors qu’à l’est, les soignants mobilisés sur les foyers épidémiques peuvent peu à peu rentrer chez eux, à l’ouest on se prépare à gonfler les rangs pour mener bataille dans les hôpitaux. En Europe et aux États-Unis, les autorités sanitaires savent que nous ne sommes qu’au début de la crise.

C’est pourquoi de part et d’autre de l’océan Atlantique, des mesures ont d’ores et déjà été prises pour permettre aux hôpitaux d’accueillir les patients par milliers.

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L’une d’entre elles consiste à reporter toute opération chirurgicale considérée comme non urgente. En France, on parle de chirurgie élective, pour désigner ces interventions. Ça va de l’opération de la cataracte à l’intervention de chirurgie esthétique, en passant par la vasectomie, précise le site de Futura-Sciences.

Aux États-Unis, deux États en ont profité pour avancer leur pion dans une tout autre bataille : celle contre l’avortement. Depuis plusieurs mois dans l’Amérique de Donald Trump, un nombre inquiétant d’États tentent de faire passer des lois pour restreindre l’accès à l’avortement.

Ce mardi 24 mars, le New York Times s’émeut du cas du Texas et de l’Ohio, qui ont placé l’avortement dans la catégorie des procédures non urgentes pendant la période de pandémie. 

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Il s’agit d'"essayer de préserver les équipements de protection qui sont tellement précieux pour les personnels soignants, et pour faire de la place pour une éventuelle avalanche de patients."

Sauf que, comme l’ont fait remarquer un certain nombre d’associations qui défendent le droit à l’avortement, une interruption volontaire de grossesse (IVG) est bien une opération urgente qui ne peut être reportée jusqu’à la fin de la pandémie. D’autant que personne ne sait combien de temps elle va durer.

"Les patientes ne peuvent pas attendre"

Lundi 23 mars, le procureur général du Texas, Ken Paxton, a précisé que cette règle du report ne s’appliquait pas lorsque la vie ou la santé de la mère serait mise en danger par la poursuite de la grossesse.

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Ken Paxton n’y voit aucun mal, plaçant l’interruption volontaire de grossesse, au même niveau qu’une opération des dents ou qu’une chirurgie orthopédique. Le Texas est l’un des États américains qui restreint le plus l’accès à l’avortement. Les pénalités sont importantes : 1 000 dollars d’amende (soit un peu moins de 1 000 euros) et 180 jours de prison.

Quid des cliniques spécialisées dans ce genre de procédure ? Devront-elles arrêter de soigner leurs patientes, s’interroge le New York Times.   

"Les patientes ne peuvent pas attendre la fin de cette pandémie pour bénéficier d’un avortement en toute sécurité", a martelé Amy Hagstrom Miller, qui préside une de ces cliniques. 

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Dans l’Ohio aussi, certains professionnels de santé se veulent rassurants. "Nos portes restent ouvertes", a assuré Chrisse France qui dirige un établissement à Cleveland. 

Selon le New York Times, c’est à cause de groupes de plus en plus actifs de militants "pro-life" qui font pression sur les États, que les lois deviennent aussi sévères.

En espérant donc, que d’autres États ne suivent pas l’exemple du Texas et de l’Ohio.

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Par Clothilde Bru, publié le 24/03/2020