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Coronavirus : ce qu’il faut retenir de la nouvelle allocution d’Emmanuel Macron

Depuis l'Élysée, il a renouvelé le confinement pour au minimum un mois.

Le président de la République s’est adressé aux Français, pour la quatrième fois depuis le début de la crise sanitaire, ce lundi 13 avril à 20 heures 02 précises.

"Nous ressentons tous en ce moment la peur, l’angoisse, pour nos parents et pour nous-même", a-t-il en premier lieu déclaré, avant de poursuivre en évoquant la difficulté du confinement dans les foyers violents ou dans les Ehpad où "nos aînés sont isolés".

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Emmanuel Macron a ensuite salué, comme à chacune de ses prises de parole, les personnels hospitaliers. "Les hôpitaux français ont réussi à soigner tous ceux qui s’y présentaient", a-t-il souligné, avant de lister les professions en première ligne tels que les agriculteurs, caissiers, éboueurs, fonctionnaires, pompiers, policiers, militaires, qu’il a remerciés pour le travail fourni. "Les résultats sont là", a-t-il assuré ajoutant : "l’espoir renaît".

Le gouvernement était-il préparé à cette crise ? "À l’évidence pas assez", a reconnu le chef de l’État, soulignant des "failles et insuffisances", rappelant le cruel manque d’équipement, notamment les masques, les blouses et les gels hydroalcooliques.

Ratés et lenteurs

"Les commandes sont désormais passées", a toutefois promis Emmanuel Macron, qui a ajouté qu'"une production comme en temps de guerre s'[était] mise en place". La production de masques a été multipliée par 5, 10 000 respirateurs ont été fabriqués et le nombre de lits en réanimation a doublé, a-t-il rapporté.

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Malgré ces "ratés et lenteurs", "nous saurons faire face" a-t-il martelé, avant de repousser à plus tard l’examen des responsabilités : "nous en tirerons toutes les conséquences, en temps voulu".

À plusieurs reprises, Emmanuel Macron a assuré qu’il s’adressait aux Français "en toute transparence". "Rien n’est acquis : des services du Grand Est et en Île-de-France sont saturés" et "l’épidémie n’est pas maîtrisée", a rappelé le président.

"Nous devons poursuivre nos efforts et continuer d’appliquer les règles", a-t-il enfin déclaré, amenant la tant attendue question du déconfinement, qui n’aura pas lieu avant au moins un mois. Emmanuel Macron a ordonné la poursuite du "confinement le plus strict" jusqu’au lundi 11 mai minimum, rappelant que le déconfinement n’était pas assuré à cette date.

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"Durant les 4 semaines à venir, les règles devront continuer d’être respectées pleinement", a-t-il souligné, évoquant les gestes barrières. En outre, il a rappelé aux Français souffrant de maladies chroniques de continuer à consulter et annoncé qu’une nouveauté pourrait être mise en œuvre dans les hôpitaux et les maisons de retraite : une visite aux malades en fin de vie pourrait être autorisée pour pouvoir leur dire adieu.

Pas de festival avant mi-juillet minimum

Concernant les mesures économiques, le chômage partiel et les aides aux entreprises seront "prolongés et renforcés". Quant aux professions libérales, artisans et commerçants, le chef de l’État a évoqué le fonds de solidarité mais a également promis un accroissement et une simplification des aides ainsi qu’un décalage "beaucoup plus massif" des échéances appliquées par les banques.

Un plan spécifique avec des aides spécifiques devrait également être mis en œuvre pour certains secteurs comme le tourisme, l’événementiel ou encore la culture, durement touchés par la crise.

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Concernant les personnes les plus démunies, il a annoncé des aides supplémentaires, mais seulement pour certaines catégories de personnes : "j’ai demandé au gouvernement d’aller plus loin et de verser des aides sans délai aux familles les plus modestes avec des enfants", ainsi qu’aux étudiants les plus précaires.

Concernant l’après 11 mai, Emmanuel Macron a déclaré : "ce sera le début d’une prochaine étape : elle sera progressive et les règles pourront être adaptées en fonction des résultats". Les écoles, lycées, collèges devraient rouvrir progressivement. Le chef de l’État a évoqué les inégalités qui se creusent : "c’est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes."

En revanche, en ce qui concerne l’enseignement supérieur, rien ne reprendra avant l’été, a-t-il d’ores et déjà fait savoir.

Industries, commerces et services devraient également rouvrir progressivement, à l’exception des lieux rassemblant du public comme les restaurants, festivals, musées, salles de spectacles ou café. Les grands événements et festivals n’auront pas lieu avant "au moins" mi-juillet prochain, a-t-il là aussi prévenu.

"Le 11 mai, nous serons en capacité de tester tous ceux présentant des symptômes"

Les personnes les plus vulnérables, les plus âgés ou en situation de handicap sévère, sont appelées pour leur part à appliquer un confinement au-delà de la date du 11 mai.

"Une organisation nouvelle" sera mise en place avec "l’utilisation la plus large possible des tests", tests dont il a promis l’augmentation, notamment sur "nos aînés, nos soignants et les plus fragiles""Le 11 mai, nous serons en capacité de tester tous ceux présentant des symptômes", a-t-il promis, balayant toutefois l’idée de tester tous les Français : "ça n’aurait aucun sens."

"L’État, à partir du 11 mai devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public" et son usage pourra devenir systématique notamment dans les transports en commun, a-t-il prévenu.

"Jusqu’à nouvel ordre, nos frontières avec les pays non-européens seront fermées", a alors annoncé le chef de l’État, qui a également, sans détailler cette annonce, évoqué l’annulation des dettes de pays africains.

"On est bien loin de l’immunité collective"

D’ici 15 jours, le gouvernement doit présenter un plan sur l’action qu’il compte mener après cette date fatidique du 11 mai. Toutefois, le président de la République n’a pas donné d’estimation de date à laquelle le pays pourra retourner à "la vie d’avant" :"j’aimerais tellement pouvoir vous répondre mais en toute franchise, en toute humilité, nous n’avons pas de réponse définitive à cela".

"Une très faible minorité de Français ont contracté le Covid-19", "on est bien loin de l’immunité collective", a-t-il rappelé avant de parler des voies possibles que sont le vaccin et les traitements qui font actuellement l’objet d’essais cliniques"Aucune piste ne sera négligée".

Pour conclure, Emmanuel Macron a cité la Déclaration des droits de l’homme : "les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune""Nous devons donner toute sa force à ce principe", a-t-il déclaré, assurant qu’après la crise, il lui faudra bâtir une stratégie basée sur "la sobriété carbone, la prévention, la résilience, la possibilité de planifier, le temps long", mais également la reconnaissance des métiers mal rémunérés. Mais tout cela "ne suffira pas", a-t-il dit, concluant : "je reviendrai vers vous pour parler de cet après."

Par Astrid Van Laer, publié le 13/04/2020