(c) Hugo Jaeger, Getty images

Des Belges sont toujours rémunérés pour leur collaboration avec les nazis

L'Allemagne continue à verser de l'argent à des Belges et à des Anglais pour "fidélité, loyauté et obéissance."

(© Hugo Jaeger/Getty images)

C’est un vestige pour le moins surprenant des heures les plus sombres de l’histoire de l’Europe. En Belgique et en Angleterre, plusieurs personnes continuent de recevoir de l’argent de l’Allemagne, sous la forme d’une retraite complémentaire pour "fidélité, loyauté et obéissance" au régime nazi.

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Plusieurs dizaines de personnes seraient concernées dans ces deux pays. Le nombre exact de pensionnaires est connu en Belgique uniquement : 27, selon Dirk Van der Maelen, le président de la commission d’enquête parlementaire belge qui a révélé l’affaire, comme le rapporte le quotidien belge De Morgen.

Qui sont-ils ? Des citoyens belges qui avaient juré allégeance à Hitler lorsque celui-ci a envahi la Belgique en 1941, avant de s’enrôler chez les SS, comme le précise Euronews. En Belgique comme en Grande-Bretagne, les gouvernements ignorent tout de leur identité – comprenez qu’ils ne payent pas d’impôts sur cette pension versée depuis près de 70 ans par les Länders allemands.

Des parlementaires belges ont présenté une résolution appelant le gouvernement à "s’attaquer d’urgence à ce problème par la voie diplomatique", précise France 3 Hauts-de-France.

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De 435 à 1 275 euros par mois

De combien d’argent parle-t-on exactement ? Cela varie de 435 à 1 275 euros par mois selon la RTBF. Cela est d'autant plus choquant lorsque l'on compare cette somme à celle versée par l’Allemagne aux déportés et aux travailleurs forcés, qui est de 50 euros par mois.

Comment ce système de pension complémentaire a-t-il pu perdurer pendant près de 70 ans ? C’est Hitler en personne qui en était à l’initiative. Il signe un décret en 1941 afin de garantir cette pension reversée pour "fidélité, loyauté et obéissance".

"En 1945, la Conférence de Potsdam ordonna à la dénazification de détruire tous les décrets pris par Hitler, mais selon les auteurs de la résolution, il existait quelques exceptions, notamment les droits à la pension", avance De Morgen.

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Au regard des années passées, inutile de préciser que les personnes concernées sont très âgées, voire décédées. "Il peut s’agir d’anciens collaborateurs ou de leurs veuves", précise le président de la commission. La proposition "visant à plaider auprès du gouvernement allemand la fin du régime des pensions accordées aux collaborateurs belges durant le régime nazi vient d’être adoptée à l’unanimité", a indiqué sur son compte Twitter un élu belge.

Par Clothilde Bru, publié le 20/02/2019

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