Abdelkader Bensalah © RYAD KRAMDI / AFP

Algérie : malgré la rue, Abdelkader Bensalah nommé président par intérim

Ce matin, des centaines d'étudiants scandaient dans les rues d'Alger : "Dégage Bensalah !"

Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, a été nommé mardi président par intérim lors d’une réunion du Parlement algérien. Cette nomination intervient une semaine après la démission d’Abdelaziz Bouteflika.

Le Parlement a acté la vacance du poste de président de la République et désigné le président du Conseil de la nation comme chef d’État pour une durée de 90 jours. Pendant cette période, une élection présidentielle, à laquelle M. Bensalah ne pourra pas être candidat, doit être organisée.

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"Je vais travailler à concrétiser les intérêts du peuple, a-t-il déclaré devant le Parlement. C’est une grande responsabilité que m’impose la Constitution."

Cette décision est en effet conforme à ce que prévoit la Constitution algérienne, mais va à l’encontre de ce que réclament les Algériens, qui continuent massivement à manifester pour réclamer le départ de l’ensemble du "système" Bouteflika, dont Abdelkader Bensalah est issu.

Mardi matin, à Alger, des centaines d’étudiants descendus dans la rue scandaient "Dégage Bensalah !" et "Système dégage", devant la Grande Poste. Les partis d’opposition ont boycotté la réunion du Parlement, refusant de valider sa nomination.

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Mardi, l’éditorial du quotidien gouvernemental El Moudjahid, traditionnel vecteur de messages du pouvoir, avait suggéré d’écarter M. Bensalah de la présidence par intérim, écrivant :

"Cette personnalité […] n’est pas tolérée par le mouvement citoyen, qui exige son départ immédiat, mais aussi par l’opposition et une partie des représentants des formations politiques de la majorité des deux Chambres du Parlement."

Président depuis près de 17 ans du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, 77 ans, est un pur produit du régime algérien et un fidèle d’Abdelaziz Bouteflika. Député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur, il a multiplié les fonctions et présidé les deux chambres du Parlement, sans jamais devenir ministre.

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Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 09/04/2019

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