Manifestation devant l’Assemblée nationale le 29 février 2020, après l’annonce du recours au 49-3. © FRANCOIS GUILLOT / AFP

49-3 : l'intersyndicale appelle à des mobilisations partout en France mardi

Le secrétaire d'État chargé des retraites a, de son côté, défendu "un 49-3 de rassemblement".

Le secrétaire d’État chargé des retraites, Laurent Pietraszewski, a eu beau défendre le choix d’abréger les débats à l’Assemblée pour faire adopter la réforme en évoquant "un 49-3 de rassemblement" qui "reprend presque toutes les demandes de la majorité", dans un entretien aux Échos, le recours au 49-3 ne passe pas.

L’opposition n’a pas décoléré dimanche après le recours du gouvernement à l’article 49-3 de la Constitution pour permettre une adoption en première lecture, sans vote, du projet de loi instituant un régime universel de retraite à points. Et l’intersyndicale a appelé ce matin à des mobilisations partout dans l’Hexagone mardi 3 mars.

Publicité

Pour les organisations syndicales, le recours au 49-3 est une "nouvelle preuve" que le gouvernement veut "faire passer en force son projet de régression sociale". Et il "démontre l’impuissance du gouvernement à répondre aux interrogations sérieuses et légitimes des parlementaires à propos de ce projet incomplet, très approximatif, aux multiples inconnues", ajoutent lundi dans un communiqué la CGT, FO, la CFE-CGC, la FSU et Solidaires, les organisations de lycéens Fidl, MNL, UNL et d’étudiants Unef.

"Nous avons fait un 49-3 de rassemblement", a a contrario estimé Laurent Pietraszewski. Ce dernier a fait valoir que le texte sur lequel le gouvernement engage sa responsabilité "reprend presque toutes les demandes de la majorité" et "manifeste que les oppositions ont été entendues".

"Le débat n’est pas fini"

Ainsi, "les députés communistes ont fait part de demandes précises sur des sujets importants, comme la retraite des égoutiers qui justifiait des garanties", relève le secrétaire d’État. Le gouvernement a de fait retenu un amendement communiste qui précise que les égoutiers recrutés avant le 1er janvier 2022 pourront partir à la retraite à 52 ans.

Publicité

La pénibilité, elle, constitue "l’un des sujets sur lesquels syndicats et patronat devront trouver un accord en conférence de financement. En tout état de cause, ce sujet reste ouvert, le débat n’est pas fini", a ajouté Laurent Pietraszewski.

Quant aux avocats, "globalement", ils "sont gagnants à la réforme", ajoute-t-il en citant le maintien de leur caisse autonome et le fléchage de "nombreuses recettes, comme les droits de plaidoirie". "Maintenant, à eux de travailler pour mettre en place une péréquation professionnelle", a poursuivi le secrétaire d’État.

La nouvelle mouture du projet de loi ne reprend pas l’article qui évoquait l’épargne retraite et ratifiait des ordonnances issues de la loi PACTE sur ce sujet : à gauche, des opposants y avaient vu une intention du gouvernement de développer les régimes par capitalisation.

Publicité

La suppression de cet article constitue "une demande des rapporteurs, et nous ne voulions pas mélanger la répartition et ces dispositions sur la retraite supplémentaire. Nous trouverons un autre véhicule pour ratifier ces ordonnances", a indiqué Laurent Pietraszewski.

Konbini news avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 02/03/2020