“Nos poumons, c’est du béton” : reportage au cœur d’une des pires aires de gens du voyage

Publié le par Anouck Renaud,

"On est capables de dire qu’au moins 50 % des aires en France sont polluées."

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Pruna a 19 ans. Née en France, elle a toujours vécu sur l’aire d’accueil des gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin, au sud de Lille. Autour des 150 caravanes installées là de manière permanente, une usine à béton, une concasserie, un champ traité aux pesticides, le TGV et une autoroute.

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Pour vivre à cet endroit mal desservi et loin de la ville, chaque famille paye en moyenne 500 euros par mois. Ces dernières années, Pruna a perdu sa mère, un oncle et une tante de cancers. Ils vivaient tous sur la même aire qu’elle. Pour la jeune fille et pour ses proches, le lien est évident : les maladies sont causées par la pollution du terrain. En 2017, Pruna et plusieurs de ses tantes créent un collectif de femmes et décident de se battre pour qu’on les change d’aire urgemment.

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Mais pour Patrick Delebarre, responsable des gens du voyage pour la métropole lilloise, le lien n’est pas si évident. Même si la présence de poussière due aux activités industrielles est évidente, le seul test réalisé sur place par l’ARS en 2016 n’a pas été concluant quant à l’origine des maladies.

Le responsable comprend néanmoins l’envie des familles de bouger. Selon lui, le problème qui bloque pour le moment la situation est d’ordre logistique : aucun terrain suffisamment grand pour accueillir toutes les familles de cette aire n’est disponible à ce jour. Plusieurs solutions de relogement temporaire sur plusieurs zones ont pourtant été proposées, mais les familles restent fidèles à la tradition des Voyageurs et préfèrent rester ensemble.

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Pour le juriste William Acker, lui-même Voyageur, le cas d’Hellemmes-Ronchin n’est pas isolé. Pendant un an et demi, il a recensé toutes les aires d’accueil de France, et en a fait un livre, Où sont les “gens du voyage”, aux Éditions du commun. Sur les 1 400 aires présentes en métropole, plus de 70 % sont éloignées des villes, et au minimum 50 % d’entre elles seraient proches d’au moins un site polluant.

Konbini news a rencontré Pruna, Patrick Delebarre et William Acker pour essayer de comprendre un peu mieux ce problème “qui concerne l’ensemble de la société”.

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Le livre de William Acker est disponible gratuitement sur le site des Éditions du commun, juste ici